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Les poissons de nos riviĂšres

Le silure

Les poissons carnassiers :

○ Le black-bass

○ Le brochet

○ Le chevesne

○ La Perche

○ Le sandre

○ Le silure

○ Les autres poissons

Marco avec un joli silure
Le silure
Le clonk
Les diffĂ©rentes techniques de pĂȘche
Les leurres pour la pĂȘche du silure

Il appartient à la famille des Siluridae. Le silure glane est originaire du Paléarctique occidental, une région qui englobe l'Europe, le nord de l'Afrique et une partie de l'Asie. Son aire de répartition naturelle s'étend du bassin du Rhin à l'ouest, au bassin de la Volga et de l'Oural à l'est, et du bassin de la mer Baltique au nord, au bassin du Danube et aux fleuves cÎtiers de GrÚce au sud. Il est également présent en Asie centrale, dans les bassins de l'Amou-Daria et du Syr-Daria, ainsi que dans les cours d'eau des rives sud de la mer Noire et de la mer Caspienne. 

Le silure glane (Silurus glanis), qui nous intéresse ici, est le plus grand représentant de la famille. C'est le plus grand poisson d'eau douce d'Eurasie et le troisiÚme plus grand au monde, pouvant atteindre une longueur de plus de 2,85 m, un poids de 130 kg et peut vivre jusqu'à 40-50 ans. 

Le silure glane a connu deux vagues de colonisation en France. La premiĂšre remonte au PliocĂšne (-2 Ă  -5 millions d'annĂ©es), oĂč des fossiles ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s prĂšs de Perpignan. Mais les glaciations ont fait disparaĂźtre ces populations, et le silure s'est rĂ©fugiĂ© dans le Danube. 

La deuxiĂšme vague est plus rĂ©cente et liĂ©e Ă  l'action de l'homme, qui a introduit le silure glane en France dans les annĂ©es 1970, pour diverses raisons : repeuplement des cours d'eau, expĂ©rimentations scientifiques, ou encore volontĂ© de certains pĂȘcheurs de disposer d'un nouveau dĂ©fi sportif. Il a Ă©tĂ© introduit dans d'autres pays, notamment en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Portugal.

Depuis, le silure s'est répandu dans la plupart des grands bassins fluviaux européens, comme le Danube, le Rhin, le RhÎne, la Loire, la Garonne ou encore le PÎ. Il occupe également des lacs comme le lac Léman, le lac de Constance ou le lac Balaton. Aujourd'hui, on trouve des silures dans tous les grands axes fluviaux de France.

Le silure est un poisson sans Ă©caille avec une peau vert-brun trĂšs glissante car recouverte de mucus. Son ventre est assez clair, de couleur jaune ou blanc et il existe Ă©galement des spĂ©cimens albinos de couleur jaune, jaune-orangĂ©. La tĂȘte du silure est massive et plate avec une grosse bouche dotĂ©e de lignes de dents trĂšs petites et nombreuses orientĂ©es vers l’arriĂšre de sa gueule. Il possĂšde six barbillons : deux longs sur la mĂąchoire supĂ©rieure et quatre courts sur la partie infĂ©rieure de sa tĂȘte. On compte quatre nageoires : une anale, une dorsale munie d’un petit aiguillon et des pelviennes de chaque cĂŽtĂ© Ă©galement munies d’un aiguillon. Ces organes lui servent Ă  dĂ©tecter les vibrations, les odeurs et les goĂ»ts dans l'eau. Il a Ă©galement des yeux trĂšs petits, adaptĂ©s Ă  la vie dans les milieux turbides.

Le silure est un poisson omnivore et opportuniste, qui se nourrit principalement de poissons, de crustacés, de mollusques, mais aussi parfois de petits mammifÚres ou d'oiseaux.

Il chasse à l'affût ou à la poursuite, surtout la nuit, en utilisant ses sens trÚs développés du son, de l'électricité et des signaux chimiques pour détecter les vibrations et les odeurs de ses proies. Il peut aussi chasser en meute, en coopérant avec d'autres silures pour encercler ou rabattre les poissons. Il peut aspirer sa proie en ouvrant brusquement sa gueule et avaler jusqu'à la moitié de sa propre taille. Le silure glane peut ingérer jusqu'à 10 % de son poids par jour pendant la saison chaude et jeûner pendant plusieurs semaines en hiver, quand la température de l'eau est trop basse. Il peut également régurgiter sa proie si elle est trop grosse ou si elle lui cause des problÚmes digestifs.

Le silure glane est une espĂšce eurytherme, c'est-Ă -dire qu'il supporte une large gamme de tempĂ©ratures, de 4 Ă  30 °C. Il prĂ©fĂšre les eaux calmes ou Ă  faible courant, riches en oxygĂšne et en matiĂšre organique. Il se rĂ©fugie souvent dans des zones profondes, ombragĂ©es ou encombrĂ©es par la vĂ©gĂ©tation ou les obstacles. C'est un poisson omnivore solitaire, lucifuge (qui Ă©vite la lumiĂšre), vivant d'ordinaire dans les zones les plus profondes des riviĂšres et des lacs oĂč il se cache souvent pendant la journĂ©e . Ce comportement peut cependant Ă©voluer exceptionnellement, comme mis en Ă©vidence par une Ă©tude sur des silures du Tarn chassant en pleine journĂ©e des pigeons venus s'abreuver sur les rives de la riviĂšre en se projetant hors de l'eau. Ils sont Ă©galement capables de s'adapter Ă  des conditions environnementales variĂ©es, comme la tempĂ©rature, le dĂ©bit ou la salinitĂ© de l'eau.

Le silure devient plus actif quand la température de l'eau dépasse 15°C et s'approche alors des berges. Le silure est un poisson solitaire, qui ne forme des groupes que lors de la période de reproduction ou quelques fois pour la chasse.

La période de reproduction s'étale de mai à début juillet, lorsque la température de l'eau atteint 18 à 21°C. Le silure est un poisson trÚs fidÚle à son lieu de ponte, qu'il choisit avec soin parmi les obstacles immergés, comme les racines, les roseaux ou les bois morts. Le mùle nettoie la zone de ponte en enlevant les débris végétaux et la boue, et y creuse une sorte de nid entouré d'une paroi basse.

La femelle vient alors dĂ©poser ses Ɠufs dans le nid, aprĂšs avoir Ă©tĂ© courtisĂ©e par le mĂąle. La quantitĂ© d'Ɠufs est impressionnante : elle peut pondre entre 20 000 et 30 000 Ɠufs par kilo de son poids, soit plusieurs millions d'Ɠufs pour une femelle de grande taille ! Les Ɠufs sont de couleur jaune et mesurent environ 3 mm de diamĂštre. Ils sont collants et adhĂšrent au substrat.

Le mĂąle joue un rĂŽle essentiel dans la protection des Ɠufs et des alevins. Il reste prĂšs du nid, devient agressif et chasse les Ă©ventuels prĂ©dateurs, comme les autres poissons ou les oiseaux. Il ventile aussi les Ɠufs avec ses nageoires pour leur apporter de l'oxygĂšne et Ă©viter qu'ils ne pourrissent. Il peut mĂȘme dĂ©placer les Ɠufs si le niveau d'eau baisse ou si le courant est trop fort.

Les alevins Ă©closent au bout de deux semaines environ, selon la tempĂ©rature de l'eau. Ils forment alors des bancs trĂšs compacts, qui restent sous la surveillance du mĂąle jusqu’à l’éclosion. Les alevins se nourrissent d'abord du sac vitellin qui leur sert de rĂ©serve, puis commencent Ă  chasser des petits invertĂ©brĂ©s. Ils grandissent rapidement et atteignent une dizaine de centimĂštres au bout d'un mois.

Les jeunes silures restent en groupe jusqu'à ce qu'ils atteignent une taille suffisante pour se défendre seuls. Ils se dispersent alors dans le milieu aquatique, à la recherche de nourriture et d'abris. Suivant les conditions environnementales, ils deviennent matures sexuellement vers l'ùge de deux ans, quand ils mesurent environ 80 cm. Ils peuvent alors se reproduire à leur tour et perpétuer l'espÚce. Il peut vivre jusqu'à 30 ans, mais il atteint une taille respectable bien avant cet ùge record.

Impact du silure

Le silure est un poisson fascinant qui suscite de nombreuses interrogations et controverses. 

Il suscite l'admiration de certains pĂȘcheurs, mais aussi la crainte des autres. Des pĂȘcheurs ou des associations le considĂšrent comme une espĂšce invasive, qu’il faudrait Ă©radiquer ou rĂ©guler. D’autres, au contraire, le dĂ©fendent comme un Ă©lĂ©ment de la biodiversitĂ©, qui a sa place dans les Ă©cosystĂšmes aquatiques.

D’aprĂšs certaines Ă©tudes, le silure glane est un prĂ©dateur vorace qui peut rĂ©duire les populations de poissons indigĂšnes, notamment les espĂšces menacĂ©es ou protĂ©gĂ©es comme le saumon, la truite ou l'alose. Il peut aussi transmettre des parasites ou des maladies aux autres poissons. Il modifie Ă©galement le fonctionnement des Ă©cosystĂšmes aquatiques en consommant une grande quantitĂ© de matiĂšre organique et en produisant des dĂ©jections riches en azote et en phosphore, qui favorisent l'eutrophisation. Le silure glane est considĂ©rĂ© comme une espĂšce invasive et nuisible dans de nombreux pays oĂč il a Ă©tĂ© introduit. Il peut avoir des impacts nĂ©gatifs sur la biodiversitĂ©, l'Ă©quilibre Ă©cologique et la pĂȘche.

L'introduction du silure dans des milieux oĂč il n'Ă©tait pas prĂ©sent naturellement a suscitĂ© des dĂ©bats sur son impact sur les Ă©cosystĂšmes aquatiques. Certains lui reprochent de concurrencer ou de consommer les autres espĂšces de poissons, notamment les carnassiers comme le sandre ou le brochet. D'autres lui attribuent un rĂŽle rĂ©gulateur ou bĂ©nĂ©fique pour la biodiversitĂ©.

Par ailleurs, le silure est un poisson qui peut ĂȘtre affectĂ© par la pollution de l'eau. En effet, il fait partie des espĂšces bioaccumulatrices, qui ont la capacitĂ© de stocker dans leur organisme des substances chimiques persistantes et peu dĂ©gradables. Parmi ces substances, on trouve des mĂ©taux lourds ou des composĂ©s organiques comme les PCB, les dioxines ou les furanes. Ces polluants sont dangereux pour la santĂ© humaine et peuvent entraĂźner des maladies graves comme des cancers ou des perturbations endocriniennes. Il est donc recommandĂ© de limiter ou d'Ă©viter la consommation du silure.

En conclusion, le silure glane est un poisson remarquable par sa taille, son origine, son Ă©volution, sa longĂ©vitĂ© et son adaptabilitĂ©. Il suscite Ă  la fois de l'admiration, de la crainte et de la curiositĂ©. Il reprĂ©sente un dĂ©fi pour les pĂȘcheurs sportifs, mais aussi pour les gestionnaires des milieux aquatiques. Il mĂ©rite d'ĂȘtre mieux connu et Ă©tudiĂ©, afin de mieux le protĂ©ger et de mieux cohabiter avec lui.

Le clonk

Le clonk, indispensable pour la pĂȘche au silure, est un objet en bois, en plastique ou mĂ©tallique, avec une poignĂ©e, qui permet de produire des sons dans l'eau en le frappant contre la surface. Ces sons attirent les silures, qui sont trĂšs sensibles aux vibrations. Il existe plusieurs types de clonks, qui produisent des sons diffĂ©rents suivant leurs formes.

Le clonk doit ĂȘtre utilisĂ© avec un rythme rĂ©gulier et adaptĂ© Ă  l'activitĂ© des poissons. Il faut Ă©viter de clonker trop fort ou trop souvent, car cela peut effrayer les silures au lieu de les attirer. Il faut Ă©galement varier le rythme et la frĂ©quence des clonks en fonction de la rĂ©action des poissons. Cette technique est exigeante et demande de la concentration ainsi que de la pratique. En parallĂšle, l'Ă©chosondeur est Ă©galement un outil utile pour localiser les silures et suivre leur dĂ©placement dans la colonne d'eau. 

Le clonk est une invention des pĂȘcheurs du Danube qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e par les pĂȘcheurs français Ă  la fin des annĂ©es 90.

Records

Selon les sources officielles, le plus gros silure pĂȘchĂ© et homologuĂ© a Ă©tĂ© capturĂ© dans le Tarn en septembre 2017 pour une mesure de 2,74 m. Il a Ă©tĂ© pris en float-tube avec une grappe de vers. 

En octobre 2017, un silure de 2,75 m a été pris dans le fleuve PÎ en Italie mais le record n'a pas été homologué.

En mars 2021, toujours dans le fleuve PĂŽ en Italie, un pĂȘcheur Autrichien dĂ©nommĂ© Roland Ebner a sorti un silure mesurant 2,80 m (idem, record non homologuĂ©).

Croissance moyenne

  • 1 an - 35 cm - 0.3 kg

  • 2 ans - 50 cm - 2 kg

  • 3 ans - 70 cm - 3.2 kg

  • 4 ans - 90 cm - 5 kg

  • 5 ans - 110 cm - 11 kg

  • 6 ans - 140 cm - 15 kg

  • 7 ans - 150 cm - 20 kg

  • 8 ans - 160 cm - 25 kg

  • 9 ans - 170 cm - 30 kg

  • 10 ans - 180 cm - 40 kg

La croissance moyenne du silure est d'environ 38 cm à 48 cm par an avant sa maturité sexuelle, qui se produit entre 3 et 5 ans. AprÚs la maturité sexuelle, la croissance ralentit à environ 5 cm à 7 cm par an.

La croissance du silure est influencée par un certain nombre de facteurs, notamment la température de l'eau, la disponibilité des proies et la concurrence avec d'autres poissons. Les silures qui vivent dans des eaux chaudes et qui ont un accÚs facile à des proies abondantes ont tendance à grandir plus vite que ceux qui vivent dans des eaux froides ou qui ont moins de proies à disposition.

Les silures sont des poissons omnivores et se nourrissent d'une variété de proies, notamment des poissons, des amphibiens, des crustacés et des mammifÚres aquatiques. Les silures juvéniles se nourrissent principalement de petits poissons, tandis que les silures adultes peuvent se nourrir de proies plus grandes, comme des carpes, des brochets ou des canards.

Le clonk

Il s'agit d'un outil en bois ou en métal avec une poignée qui permet de produire des sons dans l'eau en le frappant contre la surface. Ces sons attirent les silures, qui sont trÚs sensibles aux vibrations et les mettent en activité. Pour optimiser cette technique, il est conseillé d'utiliser un échosondeur, qui permet de visualiser la profondeur, le relief et la présence de poissons sous l'eau. Il existe différents types de clonks, plus ou moins bruyants, plus ou moins lourds, plus ou moins faciles à manier. Il faut trouver celui qui vous convient le mieux, en fonction de la profondeur de l'eau et de votre préférence personnelle.

Trouvez le bon rythme et la bonne intensité. Le clonk n'est pas un simple bruiteur, c'est un véritable instrument de communication avec les silures. Il faut savoir varier le rythme et l'intensité des coups, en fonction de la réaction des poissons. Il n'y a pas de rÚgle universelle, il faut observer et expérimenter. En général, il faut commencer par des coups rapides et forts, pour attirer l'attention des silures, puis ralentir et diminuer l'intensité, pour les inciter à se rapprocher et à se montrer curieux.

Coordonnez-vous avec votre partenaire de pĂȘche. Le clonk est plus efficace si vous ĂȘtes deux Ă  l'utiliser, en alternant les coups. Cela crĂ©e une sorte de dialogue sonore avec les silures, qui peuvent ĂȘtre intriguĂ©s par ces sources de bruit diffĂ©rentes. Il faut donc se mettre d'accord avec votre partenaire sur le rythme et l'intensitĂ© des coups, et se synchroniser pour crĂ©er un effet harmonieux.

Adaptez-vous aux conditions du jour. Le clonk n'a pas le mĂȘme effet selon les conditions mĂ©tĂ©orologiques, la tempĂ©rature de l'eau, l'heure de la journĂ©e, la saison, etc. Ne vous dĂ©couragez pas. Le clonk n'est pas une baguette magique qui garantit une prise Ă  chaque fois. Il faut parfois ĂȘtre patient et persĂ©vĂ©rant, avant de trouver le bon spot, le bon moment, et le bon clonkage.

Le clonk pour le silure est un art qui demande du temps et de la pratique pour ĂȘtre maĂźtrisĂ©. Mais c'est aussi un plaisir et un dĂ©fi qui rendent la pĂȘche du silure encore plus passionnante. 

Les diffĂ©rentes techniques de pĂȘche

Pour pĂȘcher le silure, il existe plusieurs techniques possibles, selon les conditions, le rĂšglement et les prĂ©fĂ©rences de chacun.

La pĂȘche au vif

Elle consiste à utiliser un poisson vivant ou mort comme appùt, que l'on fixe à un hameçon simple ou double. On peut le présenter au fond, en dérive, ou sous un flotteur. Il faut choisir un vif adapté à la taille du silure visé, généralement entre 10 et 40 cm. Les espÚces les plus utilisées sont le gardon, le rotengle, la brÚme, le chevesne, la carpe ou le sandre.

La pĂȘche au leurre 

Elle consiste à utiliser un leurre artificiel qui imite un poisson ou une proie potentielle du silure. On peut le lancer et le ramener en variant la vitesse et la profondeur, ou le laisser au fond et le faire vibrer. Il faut choisir un leurre adapté à la taille du silure visé, généralement entre 15 et 30 cm. Les types de leurres les plus utilisés sont les shads, les swimbaits, les jerkbaits ou les cuillers.

La pĂȘche Ă  la bouĂ©e

La pĂȘche Ă  la bouĂ©e est une technique efficace pour capturer le silure. A l’aide d’une embarcation, elle consiste Ă  placer sur le spot de pĂȘche, une bouĂ©e flottante munie d’un ancrage sur le fond. La bouĂ©e est reliĂ©e Ă  la ligne par un fil cassant suffisamment tendu. Quand le silure prend l'appĂąt, le cassant se rompt, libĂšre la ligne et permet au pĂȘcheur de combattre le poisson. 

Boutique : pĂȘche du silure et de la carpe en bivouac
SchĂ©ma de la pĂȘche Ă  la bouĂ©e pour le silure

Les leurres pour la pĂȘche du silure

La pĂȘche du silure aux leurres est une technique passionnante qui demande de bien connaĂźtre le comportement du poisson et son environnement. Il faut savoir choisir le bon leurre en fonction des conditions et des postes, mais aussi savoir l'animer correctement pour dĂ©clencher l'attaque du silure. Il faut Ă©galement ĂȘtre Ă©quipĂ© d'un matĂ©riel solide et adaptĂ© pour rĂ©sister aux chocs et aux rushs du poisson.

La pĂȘche du silure aux leurres est une technique qui demande de la patience, de la persĂ©vĂ©rance et de l'adaptation. Mais c'est aussi une technique qui procure des sensations inoubliables et qui permet de capturer des poissons exceptionnels. 

Les leurres pour la pĂȘche du silure sont nombreux et variĂ©s, mais ils se rĂ©partissent en trois grandes catĂ©gories : les leurres souples, les poissons nageurs et les cuillers. Chacune de ces catĂ©gories a ses avantages et ses inconvĂ©nients, ses spĂ©cificitĂ©s et ses subtilitĂ©s. Il faut donc apprendre Ă  maĂźtriser chacun de ces leurres pour optimiser ses chances de rĂ©ussite.

Les leurres souples

Les leurres souples sont sans doute les plus polyvalents et les plus efficaces pour la pĂȘche du silure. Ils imitent Ă  la perfection les proies naturelles du silure, comme les poissons blancs, les Ă©crevisses ou les grenouilles. Ils peuvent se pĂȘcher de diffĂ©rentes maniĂšres, selon les conditions et les postes : en linĂ©aire, en verticale, en traction, au fireball, etc.

Parmi les formes de leurres souples, on distingue principalement les shads et les grubs. Les shads ont une caudale en forme de croissant qui émet de fortes vibrations. Ils sont adaptés aux animations rapides et agressives, qui déclenchent l'instinct de prédation du silure. Les grubs ont une caudale en forme de virgule qui ondule doucement. Ils sont plus indiqués pour les animations lentes et discrÚtes, qui séduisent les silures méfiants ou peu actifs.

La taille des leurres souples est un critÚre important. Il faut adapter la taille du leurre à la taille du poisson recherché, mais aussi à la taille des proies disponibles. En général, on utilise des leurres souples de 15 à 30 cm, mais il ne faut pas hésiter à varier selon les situations. Parfois, un petit leurre souple de 10 cm peut faire la différence.

La couleur des leurres souples est également à prendre en compte. Il faut tenir compte de la luminosité, de la turbidité de l'eau et du comportement du poisson. En rÚgle générale, on privilégie les couleurs naturelles (blanc, gris, marron) dans les eaux claires et les couleurs flashy (rose, orange, jaune) dans les eaux troubles. Mais il faut aussi savoir surprendre le silure avec des couleurs inhabituelles (bleu, vert, violet) qui peuvent provoquer des réflexes d'attaque.

Les poissons nageurs

Les poissons nageurs sont des leurres durs qui imitent Ă©galement les poissons blancs, mais avec un rĂ©alisme accru. Ils ont l'avantage de pouvoir prospecter toutes les couches d'eau, grĂące Ă  leur bavette qui leur permet de plonger plus ou moins profondĂ©ment. Ils sont surtout efficaces en linĂ©aire, mais peuvent aussi se pĂȘcher en twitching (Ă  coups de scion) ou en jerking (Ă  coups de moulinet).

Les poissons nageurs se déclinent en plusieurs catégories : les crankbaits, les jerkbaits, les swimbaits et les topwaters. Les crankbaits sont des poissons nageurs courts et trapus, qui ont une nage erratique et bruyante. Ils sont adaptés aux animations rapides et saccadées, qui font réagir les silures agressifs. Les jerkbaits sont des poissons nageurs longs et minces, qui ont une nage plus fluide et discrÚte. Ils sont plus indiqués pour les animations lentes et réguliÚres, qui attirent les silures curieux ou suiveurs.

Les swimbaits sont des poissons nageurs articulés, qui ont une nage trÚs réaliste et souple. Ils sont souvent munis d'une queue souple qui renforce leur attractivité. Ils sont idéaux pour les animations modérées et continues, qui imitent parfaitement un poisson blessé ou affaibli. Les topwaters sont des poissons nageurs sans bavette, qui évoluent à la surface de l'eau. Ils produisent des bruits et des remous qui stimulent l'ouïe et le sens latéral du silure. Ils sont redoutables pour les animations vives et intermittentes, qui simulent un poisson en fuite ou en détresse.

La taille des poissons nageurs est également variable, selon la taille du silure visé et la taille des proies présentes. En général, on utilise des poissons nageurs de 10 à 20 cm, mais il faut aussi savoir adapter selon les circonstances. Parfois, un gros poisson nageur de 30 cm peut faire la différence !

La couleur des poissons nageurs suit les mĂȘmes principes que pour les leurres souples. Il faut tenir compte de la luminositĂ©, de la turbiditĂ© de l'eau et du comportement du poisson. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on privilĂ©gie les couleurs naturelles (blanc, gris, marron) dans les eaux claires et les couleurs flashy (rose, orange, jaune) dans les eaux troubles. Mais il faut aussi savoir surprendre le silure avec des couleurs inhabituelles (bleu, vert, violet) qui peuvent provoquer des rĂ©flexes d'attaque.

Les cuillers

Les cuillers sont des leurres mĂ©talliques qui ont une forme incurvĂ©e et qui tournent sur elles-mĂȘmes lors de la rĂ©cupĂ©ration. Elles produisent des reflets et des vibrations qui attirent le silure par sa vue et son sens latĂ©ral. Elles sont particuliĂšrement efficaces dans les eaux agitĂ©es ou oxygĂ©nĂ©es, comme les courants, les remous ou les cascades.

Les cuillers se distinguent par leur forme, leur taille et leur poids. Il existe des cuillers rondes, ovales ou allongĂ©es, qui ont une rotation plus ou moins rapide et ample. Il existe aussi des cuillers simples ou doubles, qui ont une palette unique ou deux palettes superposĂ©es. La forme et le nombre de palettes influencent la frĂ©quence et l'intensitĂ© des vibrations. La taille et le poids des cuillers dĂ©pendent de la profondeur et de la vitesse du courant. Il faut choisir une cuiller suffisamment lourde pour atteindre le fond, mais pas trop pour Ă©viter les accrochages. Il faut aussi choisir une cuiller suffisamment grande pour ĂȘtre visible, mais pas trop pour Ă©viter les dĂ©crochages. En gĂ©nĂ©ral, on utilise des cuillers de 10 Ă  20 cm et de 30 Ă  100 g, mais il faut aussi savoir varier selon les situations.

La couleur des cuillers est moins importante que pour les autres leurres, car c'est surtout le reflet métallique qui attire le silure. Néanmoins, il faut tenir compte de la luminosité et de la turbidité de l'eau. En rÚgle générale, on privilégie les couleurs argentées dans les eaux claires et les couleurs dorées dans les eaux troubles. Mais il faut aussi savoir surprendre le silure avec des couleurs contrastées (rouge, noir, vert) qui peuvent renforcer l'effet visuel.

👉 DĂ©couvrez notre article : Les leurres et les techniques pour la pĂȘche des carnassiers

Quelle que soit la technique choisie, il faut utiliser un matériel solide et résistant pour affronter ce poisson puissant et combatif. Il faut prévoir une canne robuste, d'une puissance adaptée au poids du silure visé (entre 50 et 300 g), un moulinet fiable et bien freiné, une tresse épaisse et résistante (entre 30 et 80/100), un bas de ligne en fluorocarbone ou en acier (entre 60 et 100/100), des hameçons forts de fer (entre n°2/0 et n°10/0), des émerillons et des agrafes solides.

Enfin, il faut choisir un spot favorable à la présence du silure, en fonction de la saison, de l'heure, de la météo et du niveau d'eau. En général, le silure est plus actif au printemps et en automne, quand la température de l'eau est entre 15 et 25°C. Il est aussi plus actif à l'aube et au crépuscule, quand la luminosité est faible. Il aime les zones profondes (entre 5 et 15 mÚtres), les zones avec des obstacles (ponts, piles, arbres immergés), les zones avec des herbiers (nénuphars, roseaux), les zones avec des courants. Alors n'hésitez pas à vous lancer dans cette aventure !

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Moniteur-Guide de pĂȘche diplĂŽmĂ© d'État

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